Couv. ill. en coul.

Le blog bibliothéco(no)mique de Melvil Dewey et Jean-Philippe Rameau

Le bibliothécais sans peine mercredi 20 juin 2007

Filed under: Elle est pas belle ma notice ?,Neveu de Rameau [le] — modérateur @ 6:58

Vous connaissez le délicieux Hollandais sans peine de M.-A. Murail, voici le bibliothécais sans peine, dans le très sérieux Bulletin des Bibliothèques de France :

Vous avez décidé de vous rendre à la bibliothèque. Armé de votre petite liste d’ouvrages à emprunter (pardon : de votre liste de références), vous vous apprêtez à visiter ce pays si proche et pourtant méconnu. Et vous vous en rendrez vite compte : ces gens-là ne parlent pas tout à fait comme vous. Le présent manuel propose une méthode simple qui vous permettra de maîtriser, en quelques leçons, l’essentiel du vocabulaire, et de vous débrouiller dans les situations les plus courantes.

L’article du BBF de Noëlle Balley ( nommée à l’unanimité « Couvillencoul d’honneur« ) est par ici

 

2 Responses to “Le bibliothécais sans peine”

  1. Tête de vedette Says:

    oh il est génial cet article : le « manquant sans fantôme » est de loin mon préféré

  2. Yves Says:

    Et que dire de ce verbiage : Conseil de discipline dans un lycée au XXIe siècle

    On examinait, sous la présidence du manager de la communauté éducative, le cas d’un apprenant particulièrement rétif. Le jeune en cause, dont le suivi était pourtant assuré par un tuteur expérimenté, s’en était pris physiquement au coordinateur des apprentissages lors d’une séance de vie de classe. À sa charge encore, une série d’incivilités dont la dernière était d’avoir crevé par malveillance trois référentiels bondissants.

    Plusieurs commissions d’écoute, la signature de contrats qui fixaient des objectifs personnalisés balisant son parcours individualisé, tous les outils de remédiation étaient restés inopérants. En outre, son livret de compétences, recensant ses capacités depuis la maternelle, révélait des conflits socio-cognitifs non résolus et une attitude constamment négative devant les situations-problèmes. Lourd dossier donc, et la sanction promettait d’être exemplaire…

    Les délibérations devaient pourtant prendre, d’entrée de jeu, un tour inattendu.

    Un intervenant extérieur associé à la co-éducation plaida en effet tout de suite l’indulgence. L’impétrant, dit-il, en dépit de ses débordements, n’avait-il pas réalisé un TPE de qualité et montré une maîtrise incontestable des TICE, manifestant par là qu’il était un sujet social capable d’élaborer ses propres stratégies de formation et de s’autoévaluer ? Avait-on suffisamment pris en compte ses compétences transversales ? On ne pouvait à ce jour désespérer d’en faire un véritable acteur-auteur de sa formation.

    Le coordonnateur de l’équipe, soutenu par les soupirs appuyés de deux autres médiateurs des apprentissages, répondit timidement :

    “Nous avons pourtant usé dans son cas de tous les leviers qu’offrent la pédagogie du détour et la pédagogie de la dissonance, particulièrement adaptées aux nouveaux publics!”

    Ces propos firent bondir deux délégués des géniteurs d’apprenants. Comment des adultes-référents, s’indignèrent-ils en choeur, pouvaient-ils afficher une telle assurance ? Trop d’entre eux, en républicains aveuglés par un élitisme méritocratique hors d’âge, restaient, on le savait bien, murés dans leur insularité, prisonniers d’une relation frontale avec le groupe-classe, incapables d’une réelle centration sur l’apprenant. Qui plus est, beaucoup négligeaient les évaluations formatives au bénéfice des seules sommatives. Normal donc que le jeune, humilié par des contrôles décevants, ait fini par extérioriser sa révolte.

    Un interlocuteur de proximité se mit alors de la partie. L’équipe éducative, insinua-t-il, n’avait en effet peut-être pas suffisamment perçu l’autrement dit que traduisaient les insultes et les coups. Replacés dans un contexte de communication, ceux-ci n’étaient-ils pas les signes d’une violence positive en émergence forte dans le champ de l’enseignement ?

    Finalement, un consensus s’établit et, à l’instigation du délégué des élèves élu au CVL, il fut décidé que le creveur de ballons signerait une nouvelle charte de comportement et participerait aux réunions de la commission chargée de la prévention des conduites à risques dans l’établissement.

    Les dispositifs intégrés dûment pilotés, les partenariats contractualisés par le lieu-ressources pour insuffler aux jeunes de cette REP un peu d’esprit citoyen, avaient une fois de plus prouvé leur efficacité.
    Cordialement


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